Evan Fournier a disputé douze saisons NBA entre 2012 et 2024, principalement à Orlando puis à New York. Sélectionné au vingtième rang de la draft 2012, il occupait un rôle de scoreur de complément : marquer régulièrement sans porter la charge offensive principale.
L’essentiel
- Cinq franchises en douze saisons, avec sept années dans la même à Orlando.
- Son rôle — scoreur de complément — est l’un des rares que les moyennes décrivent fidèlement.
- Le tir extérieur est la compétence qui a porté sa longévité en NBA.
- Sa trajectoire est la plus représentative de ce qu’un joueur français peut attendre de la ligue.
Périmètre Cette fiche couvre sa carrière NBA. Elle ne traite ni son parcours en équipe de France, ni sa formation ni son retour en Europe. Sur le basket français fédéral, voir la page FFBB.
Fiche d’identité
- Taille
- 198 cm
- Poids
- 93 kg
- Naissance
- 29 octobre 1992
- Sélection
- Draft 2012, 20e choix — Denver Nuggets
- Nationalité
- France
- Poste
- Arrière
- Activité
- 2012-2024
Mensurations relevées pour la saison 2023.
Où il a joué
| Franchise | Période | Saisons | Ligue |
|---|---|---|---|
| Denver Nuggets | 2012–2014 | 2 | NBA |
| Orlando Magic | 2014–2021 | 7 | NBA |
| Boston Celtics | 2021–2021 | 1 | NBA |
| New York Knicks | 2021–2024 | 3 | NBA |
| Detroit Pistons | 2024–2024 | 1 | NBA |
Ce que disent les saisons
| Saison | Équipe | MJ | Min | Pts | Reb | Pd | % Tirs | % 3pts | % LF |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 2012-13 | DEN | 38 | 11,3 | 5,3 | 0,9 | 1,2 | 49,3 % | 40,7 % | 76,9 % |
| 2013-14 | DEN | 76 | 19,8 | 8,4 | 2,7 | 1,5 | 41,9 % | 37,6 % | 75,6 % |
| 2014-15 | ORL | 58 | 28,6 | 12,0 | 2,6 | 2,1 | 44,0 % | 37,8 % | 72,8 % |
| 2015-16 | ORL | 79 | 32,5 | 15,4 | 2,8 | 2,7 | 46,2 % | 40,0 % | 83,6 % |
| 2016-17 | ORL | 68 | 32,9 | 17,2 | 3,1 | 3,0 | 43,9 % | 35,6 % | 80,5 % |
| 2017-18 | ORL | 57 | 32,2 | 17,8 | 3,2 | 2,9 | 45,9 % | 37,9 % | 86,7 % |
| 2018-19 | ORL | 81 | 31,5 | 15,1 | 3,2 | 3,6 | 43,8 % | 34,0 % | 80,6 % |
| 2019-20 | ORL | 66 | 31,5 | 18,5 | 2,6 | 3,2 | 46,7 % | 39,9 % | 81,8 % |
| 2020-21 | ORL | 26 | 30,3 | 19,7 | 2,9 | 3,7 | 46,1 % | 38,8 % | 79,7 % |
| 2020-21 | BOS | 16 | 29,5 | 13,0 | 3,3 | 3,1 | 44,8 % | 46,3 % | 71,4 % |
| 2021-22 | NYK | 80 | 29,5 | 14,1 | 2,6 | 2,1 | 41,7 % | 38,9 % | 70,8 % |
| 2022-23 | NYK | 27 | 17,0 | 6,1 | 1,8 | 1,3 | 33,7 % | 30,7 % | 85,7 % |
| 2023-24 | NYK | 3 | 13,0 | 4,0 | 1,3 | 1,0 | 20,0 % | 13,3 % | 100,0 % |
| 2023-24 | DET | 29 | 18,7 | 7,2 | 1,9 | 1,6 | 37,3 % | 27,0 % | 79,4 % |
| Carrière | 5 franchise(s) | 704 | 27,7 | 13,6 | 2,7 | 2,5 | 44,1 % | 37,4 % | 79,9 % |
Source : NBA — statistiques officielles — relevé le 2026-08-27 · NBA — fiche officielle du joueur — relevé le 2026-08-27.
Ce que ces chiffres permettent de dire
Critère retenu réussite à trois points, seule compétence qui détermine le temps de jeu sur ce rôle Période 2012-13 à 2023-24 (14 lignes, 704 matchs)
Sur un scoreur de complément, une seule colonne décide de la carrière : 37,4 % à trois points sur 704 rencontres. Un arrière qui ne crée pas pour les autres et ne défend pas au plus haut niveau n’a qu’une raison d’être aligné, et ce taux la mesure directement.
Le reste de la ligne décrit fidèlement le rôle : 13,6 points, 2,7 rebonds, 2,5 passes. Contrairement aux profils défensifs traités ailleurs sur ce site, ces colonnes ne masquent rien — elles disent à peu près tout ce qu’il y a à dire, ce qui est assez rare pour être signalé.
La précaution porte sur la lecture ligne à ligne : la production varie du simple au double selon la place occupée dans la hiérarchie offensive. La colonne équipe compte donc ici autant que les colonnes chiffrées, et la ligne de carrière est particulièrement trompeuse.
Le second couteau offensif, un métier à part entière
Une équipe ne peut pas aligner cinq créateurs. Elle a besoin de joueurs capables de marquer quinze points sans avoir besoin qu’on organise le jeu pour eux : sur des tirs ouverts, en sortie d’écran, en deuxième option quand la première est prise.
C’est un rôle exigeant à sa manière. Il faut rester concentré sans toucher le ballon pendant de longues séquences, prendre le tir immédiatement quand il vient, et accepter que le volume dépende entièrement de ce que les autres créent.
Contrairement aux profils défensifs traités ailleurs sur ce site, ce rôle-là est correctement décrit par les colonnes. Points, pourcentage à trois points, minutes : le tableau dit à peu près ce qu’il y a à dire, ce qui est suffisamment rare pour être signalé.
Le tir extérieur comme condition de survie
Un arrière qui ne défend pas au plus haut niveau et qui ne crée pas pour les autres n’a qu’une raison d’être sur un terrain : rentrer ses tirs. Dès que le pourcentage baisse, le temps de jeu suit, puis le contrat.
C’est une position professionnelle inconfortable et parfaitement lisible dans les données. La corrélation entre le pourcentage à trois points d’une saison et le temps de jeu de la suivante est, sur ce type de profil, plus forte que sur n’importe quel autre.
Le tableau permet de la vérifier ligne par ligne. C’est un des rares cas de cette rubrique où lire deux colonnes l’une après l’autre raconte directement une trajectoire professionnelle.
Cinq franchises, dont sept ans à la même
La séquence d’Orlando est la seule où le rôle est stable et le temps de jeu conséquent. Les autres passages sont courts, et les moyennes correspondantes reflètent des rôles d’appoint dans des effectifs déjà constitués.
Ce contraste est instructif : sur ce profil, la production ne mesure pas le niveau de jeu mais la place occupée. Un même joueur produit du simple au double selon qu’il est deuxième ou sixième option, sans avoir rien changé.
C’est la raison pour laquelle la colonne équipe compte autant que les colonnes chiffrées sur cette fiche, et pourquoi la ligne de carrière y est particulièrement trompeuse.
Ce que cette carrière représente pour le basket français
Le débat public sur les Français en NBA se concentre sur les joueurs majeurs. Or l’essentiel du vivier ne produit pas de joueurs majeurs : il produit des joueurs de rotation qui tiennent dix ou douze saisons, ce qui est déjà une réussite considérable.
Douze saisons dans la meilleure ligue du monde, pour un joueur formé en France, est un résultat que très peu atteignent. Le traiter comme un demi-succès parce qu’il n’a pas été première option relève d’une échelle de mesure faussée.
Cette fiche existe autant pour cette raison que pour le volume de recherche du nom. Une rubrique qui ne traiterait que les joueurs majeurs donnerait une image fausse de ce qu’est réellement une carrière NBA.
Ce qu’un joueur de club peut en retenir
Le tir en sortie d’écran et le tir de rythme après une passe sont les deux gestes qui permettent de marquer sans créer. Ce sont aussi les moins travaillés en club, où l’on préfère répéter des tirs statiques après un dribble de confort.
Un joueur qui rentre ses tirs ouverts est utile à toutes les équipes, à tous les niveaux, et le restera à quarante ans. C’est probablement le meilleur investissement d’entraînement pour un joueur amateur qui ne sera jamais le créateur de son équipe.
La condition est de prendre le tir quand il vient. Refuser un tir ouvert pour chercher mieux est l’erreur la plus fréquente des joueurs de complément, et elle coûte plus de points qu’un mauvais pourcentage.
Partir tôt ou rester : l’arbitrage que personne ne tranche pour vous
Un jeune joueur français qui perce se retrouve devant un choix mal posé : tenter la NBA tôt, quitte à y jouer peu, ou consolider en Europe où le temps de jeu est garanti. La question est presque toujours présentée comme un pari sur le talent, alors que c’est un arbitrage sur le temps de jeu.
Le raisonnement défendable tient en une phrase : à vingt ans, ce qui fait progresser, ce sont les minutes contre de vrais adversaires. Vingt-cinq minutes par match dans un championnat européen sérieux valent mieux que huit minutes en NBA, quel que soit le prestige de la ligue.
La contrepartie est réelle et je ne la cache pas : la fenêtre de recrutement se referme, et un joueur qui attend trois ans peut ne plus intéresser personne. C’est un arbitrage entre progression et opportunité, sans bonne réponse générale.
Ce que je conseille en club, quand la question se pose : regarder le rôle promis, pas le nom de la ligue. Un contrat où l’on vous explique précisément ce qu’on attend de vous vaut mieux qu’un contrat prestigieux où personne ne sait vous situer.
À lire ensuite
Cette fiche se rattache au dossier Juger un joueur de basket, qui expose la méthode appliquée ici : un critère nommé, une saison de référence, une source officielle.
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